Mardi 22 Juin 2004
102 - CRISE IVOIRIENNE : MINI-SOMMET A ABUJA
ABUJA, 20 juin (AFP)- Le Président ivoirien Laurent Gbagbo a déclaré dimanche qu'il allait s'adresser Lundi à ses concitoyens pour les informer de la teneur du mini-sommet sur la crise ivoirienne qui s'est tenu à Abuja, en présence de trois autres chefs d'Etat d'Afrique de l'ouest.
"Nous avons écouté mes frères. Plusieurs questions ont été soulevées et nous allons continuer à progresser", a déclaré M. Gbagbo à la presse après la rencontre avec le président nigérian Olusegun Obasanjo, son homologue ghanéen John Kufuor et le Président togolais Gnassingbé Eyadéma.
"Maintenant, si ce n'est pas trop tard, je vais rencontrer mon Premier Ministre (Seydou Diarra) ce soir pour lui dire quoi faire et demain, je vais m'adresser à la nation via la télévision pour dire ce que j'ai accepté", a t-il poursuivi.
"Je vais aussi rencontrer tous les acteurs de la classe politique en Côte d'Ivoire. Je vais faire tout ce qui est mon pouvoir pour arriver à la paix. Je pense que ce à quoi nous sommes arrivés nous apportera une solution", a-t-il dit.
"S'il vous plait, permettez-moi de ne pas vous dévoiler ce dont il a été question ici. Laissez-moi le privilège de le faire savoir d'abord aux Ivoiriens", a-t-il poursuivi.
Ce Sommet, qui s'est tenu à l'aéroport international Nmamdi Azikwe d'Abuja, était organisé par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest
MM. Obasanjo, Kufuor ainsi que le secrétaire exécutif de la CEDEAO, Mohamed Ibn Chambas, ont déclaré que cette réunion s'était bien passée, tout en refusant de révéler la teneur des discussions.
Cette rencontre s'inscrivait dans le cadre des efforts de la CEDEAO pour réactiver le processus de paix en Côte d'Ivoire, qui traverse sa plus grave crise politico-militaire depuis le déclenchement d'une rébellion armée en septembre 2002.
M. Kufuor, président de la CEDEAO, et le président Eyadéma, nommé médiateur par la CEDEAO, ont tenté à plusieurs reprises d'apaiser les tensions politiques dans le pays afin de paver la voie aux élections prévues en octobre
Les 15 membres de la CEDEAO ont averti, dans un communiqué samedi, que la crise en Côte d'Ivoire menaçait de déstabiliser toute la région.
Le Président gabonais, Omar Bongo Ondimba, qui devait participer à cette rencontre, a annulé sa venue dimanche, choisissant de rester à Libreville pour accueillir le roi du Maroc qui effectue dans ce pays la troisième étape de sa tournée en Afrique.
Le Président nigérien Mamadou Tandja, qui était également attendu à ce sommet, n'y a pas participé. La raison officielle n'était pas connue dimanche soir.
La Côte d'Ivoire est coupée en deux depuis le soulèvement de septembre 2002 contre le président Gbagbo et le processus de paix, notamment les opérations de désarmement, est au point mort depuis des semaines.
Les ex-rebelles et six partis d'opposition boycottent le conseil des ministres à la suite de la répression meurtrière d'une manifestation interdite de l'opposition à Abidjan, et le président ivoirien Laurent Gbagbo a limogé le mois dernier du gouvernement de "Réconciliation Nationale" trois Ministres de l'opposition, dont le chef de l'ex-rébellion.